Don Juan le Profane, le Défi du Diable - Pierre Pelle Le Croisa

Parution : 01/01/2011
Editeur : Detrad aVs
ISBN : 978-2-916094-28-1
EAN13 : 9782916094281
Format : 15 cm x 21 cm
Nb pages : 192
Don Juan le Profane ou le Défi du Diable, c’est l’histoire d’un mythe universel, celui d’un homme qui a fait de sa vie un défi : défi contre le roi, défi contre la loi, défi contre la foi : « Je suis mon roi, mon maître, et mon sort et mes dieux », s’enorgueillit-il sous la plume de Villiers. La transgression est sa règle. Il ne respecte rien : « Moi et mes sens », voilà toute sa philosophie !
Mais ce personnage, par ses excès mêmes, pose une question essentielle : Peut-on vivre uniquement pour ses sens, sans jamais donner un sens à sa vie ? Le châtiment apporte la réponse : l’homme est un être de raison, il a besoin d’un minimum de spiritualité pour pouvoir être soi-même… et parfois se dépasser.
Ce livre est le premier d’une trilogie qui fait le tour du personnage de Don Juan. Il annonce les suivants : Don Juan l’Initié ou le Défi de l’Homme et Don Juan le Saint ou le Défi de Dieu.

Sommaire

Le mythe de Don Juan
Les valeurs de la société
L’homme de l’Évolution
L’inversion des valeurs
Le culte de la personnalité
Un grand seigneur
Don Juan et les femmes
La transgression
L’homme de défi
L’immanence
Les passe-temps
L’homme de désir
Les aventures
Le Catalogue
Le joueur de la vie
La fête
Le masque
Le miroir
Le pouvoir de séduction
L’Abuseur de Séville
Le manipulateur
Le déshonneur
Le châtiment des femmes
La fuite
Un diable d’homme
Les mises en garde
L’homme qui se fait Dieu
Le suicidaire
L’invitation de Don Juan
Un dîner de mort
L’invitation du Commandeur
La main donnée
Le Dieu vengeur
La mort de Don Juan
Qui est coupable ?
Un double infernal de Dieu ?
Vengés par le Ciel
Un rêve

Extrait de la Préface
Je connais trois sortes d’hommes.
D’abord il y a ceux que guide leur plaisir, qui naviguent avec agrément sans se préoccuper du temps. Ils mènent leur barque, insoucieux, jusqu’à ce qu’elle coule.
Et puis il y a ceux qui veulent prendre le large, mais que repoussent les éléments, les évènements, mais aussi les gens. Ils reviennent au port, dépités… avant de reprendre la route pour d’autres directions, vers d’autres rivages.
Enfi n il y a ceux qui aiment la mer, qui la connaissent et qui l’épousent : elle est leur vie, avec ses joies et ses peines. Ils ont pris un cap, ils le suivent, quoi qu’il advienne, jusqu’au bout.
Finalement, c’est par notre propre perception du temps et de l’espace que nous donnons une valeur au sens qui nous guide.
Le Don Juan du mythe est un homme qui vit pour ses sens, dans le monde présent. Il ne transcende pas.
Mais peut-on vivre sans transcendance ? Non. Car si la transcendance ne fait pas toute l’existence, toute existence ne peut s’abstraire de transcendance. Il existe en eff et un second Don Juan, que Prosper Mérimée a immortalisé dans Les âmes du purgatoire : Don Miguel de Maraña, prétend-il, aurait servi de modèle au Don Juan de Tirso de Molina, son créateur.
Et il raconte : Après une soirée de débauche, en rentrant chez lui, il rencontre une procession de pénitents portant un mort vers sa dernière demeure. Il demande qui l’on enterre. On lui répond : « Don Miguel de Maraña »… Surpris, il renouvelle sa question, on lui fait la même réponse. Á sa troisième requête, hébété, hors de sens, il tombe évanoui. Le lendemain matin quand il se réveille, perturbé par l’évènement, il décide d’abandonner sa vie de stupre et de la consacrer aux pauvres.
Or, assister à sa propre mort dans une scénographie qui la simule, c’est le propre de l’éveil : les sociétés initiatiques, qui ont mis cette épreuve au coeur de leur démarche, la transforme en rite pour en faire un révélateur de l’être et le moteur d’une transformation psychique de soi. Elle doit conduire à une prise de conscience de la valeur de sa vie et des valeurs de sens qu’elle porte. « Dans ce saut qui caractérise toute pensée existentielle », écrit Albert Camus, Le mythe de Sisyphe, « comment ne pas voir la marque d’une lucidité qui se renonce ? On veut que ce soit seulement un orgueil qui abdique pour se sauver. » Mais « c’est par l’humilité que l’espoir s’introduit. Car l’absurde de cette existence assure un peu plus les hommes de la réalité surnaturelle. Si le chemin de cette vie aboutit à Dieu, il y a donc une issue. »
En fait, malgré son épitaphe qui affiche : « Ici reposent les os et les cendres du pire homme que le monde ait connu. Priez Dieu pour lui ! », le vrai Don Miguel de Mañara eut une vie si exemplaire que le pape Jean-Paul II… en a fait un saint ! L’ironie de l’histoire, c’est que la légende dans laquelle Don Juan assiste à sa propre mort est le ressort de sa conversion à Dieu. Ainsi le type chasse-t-il le mythe qui l’a précédé pour devenir, à travers la foi qui le sacralise… un parangon pour tous les hommes !

Biographie

Après des études ès lettres à la Sorbonne et une spécialisation en littérature hispanique, Pierre Pelle Le Croisa a orienté sa réflexion sur les grands thèmes littéraires. Il s’est plus particulièrement intéressé au mythe de « Don Juan », qu’il étudie depuis plus de quarante ans.
Parallèlement, il a mené une double carrière : de Dirigeant d’entreprises et de grands groupes internationaux, de Directeur d’établissements d’enseignement supérieur, notamment Directeur de l’École de Management « Léonard de Vinci » et Directeur des Services du Campus de l’INSEAD, la « business school » internationale.
Il consacre aujourd’hui ses activités à sa passion, l’écriture.