Les Trésors Cachés de l'Evangile selon Matthieu - André Vandamme

Ouvrage indisponible
Parution : 12/10/2006
Editeur : Editions Alphée
ISBN : 2-7538-0193-2
EAN13 : 9782753801936
Format : 15 cm x 24 cm
Nb pages : 600
Pour une réhabilitation de l'ésotérisme chrétien
Jésus est-il fils de Dieu envoyé par le Père, comme en furent persuadés les judéochrétiens ? Ou fut-il un de ces rares grands initiés parvenus à l'éveil comme permettent de le supposer les Evangiles gnostiques ? L'auteur fait valoir à quel point l'enseignement de Jésus a été mal compris par les disciples juifs précurseurs du judéo-christianisme.
Il appuie ses thèses sur une analyse de l'Evangile selon Matthieu, verset après verset, et nous amène à découvrir l'enseignement enfoui dans les textes évangéliques. Il constate que les dogmes ne font pas partie de l'enseignement que Jésus recommandait. Ils ont été établis à partir d'élucubrations dont les bases culturelles et scientifiques sont aujourd'hui dépassées. Qui était réellement jésus ? Qui furent ses maîtres ? Qui étaient réellement les apôtres ? Jésus est-il réellement mort de sa crucifixion ? Pourquoi s'est-il laissé faire ? Quel rôle a joué Judas ? Toutes ces interrogations, et bien d'autres, font l'objet d'hypothèses crédibles, dérangeantes.
André Vandamme conclut que l'essentiel du christianisme n'est pas là. Au fil des pages, il s'attache à promouvoir la seule mission qui fut confiée par Jésus à ses apôtres : enseigner le juste comportement qui donne accès à l'éternité. Ce programme a plus de chances de réussite en cette ère du Verseau, qu'il n'en a eu durant l'ère des Poissons.

Présentation complémentaire
La règle maçonnique que reçoit le nouvel apprenti du Rite Ecossais Rectifié précise, article premier , paragraphe II : « … L'Evangile est la BASE de nos obligations, si tu n'y croyais pas, tu cesserais d'être Maçon. » Cette affirmation incontournable, sujette à bien des incompréhensions, a conduit notre Frère André Vandamme à entreprendre une enquête qui lui a pris plus de douze années sur les origines du christianisme. Sa conclusion est radicale : il faut absolument distinguer les textes évangéliques des religions qui s’en inspirent.
Toutes les religions sont structurées à partir de croyances. Croyance au ciel, à l’enfer, au jugement dernier… la Trinité divine, la résurrection… la liste en est longue. Notre Frère nous démontre, au fil des pages, qu’il n‘est fait état d’aucune croyance dans les évangiles. Nous sommes amenés à remarquer et admettre que la seule mission qui fut confiée par Jésus à ses apôtres est celle d’aller porter parmi les hommes les recommandations comportementales qu’il a enseignées et dont il donnait l’exemple.
Rabbi Jésus dispense un enseignement fondamentalement initiatique, au sens le plus traditionnel et maçonnique de ce terme. Seuls les juifs hellénistes, notamment Paul de Tarse et Jean l’évangéliste, grâce à leur double culture, comprirent la portée initiatique de cet enseignement. Le divin est présent en chacun de nous. Chaque homme, autrement dit chaque être microcosmique, possède en lui cette capacité à atteindre le niveau macrocosmique de l’homme parfait tel que le pressentait la sagesse grecque.
Les différentes étapes de cette progression initiatique sont clairement exposées dans les épîtres que Paul adresse aux communautés de Grèce : L’Homme charnel, en mettant en pratique le juste comportement enseigné par Jésus, se met sur la voie (en latin in itionem) susceptible de le mener vers cet état cosmique d’homme parfait dont l’archétype est le Christ.
Cette conception du Christianisme, trop élitiste, n’avait aucune chance de servir de base à la nouvelle religion populaire, à vocation universelle, dont l’empereur Constantin souhaitait doter son Empire.
Les Juifs de Judée convertis au christianisme, les judéo-chrétiens, dépourvus de cette culture helléniste, exclusivement nourris de culture biblique, étaient incapables de comprendre ce qu’avaient compris les juifs hellénisés. Ces judéo-chrétiens comprirent que Jésus était le Messie qu’ils attendaient.
Toutes les croyances du christianisme naissant, notamment la doctrine trinitaire, ont été formalisées lors des premiers conciles. Ils constituent la base dogmatique sur laquelle s’appuient les différentes églises. La doctrine trinitaire offrait cet avantage de pouvoir opérer facilement un glissement de Jupiter (Zeus pater) à Dieu le père. Notre Frère constate que ces dogmes ont été établis à partir d’élucubrations spécifiquement judéo-chrétiennes dont les bases culturelles et scientifiques sont aujourd’hui dépassées. Les chrétiens hellénistes étaient présents lors de ces conciles, cependant, largement minoritaires, ils n’obtinrent jamais la majorité des voix.
Qui était réellement Jésus ? Qui furent ses maîtres ? Qui étaient réellement les apôtres ? Jésus est-il réellement mort de sa crucifixion ? Au fil des pages notre Frère s’attache à démontrer que, pour intéressantes que soient ces interrogations, l’essentiel du christianisme n’est pas là. Ces questionnements n’intéressent en aucun cas la maçonnerie. Seul l’enseignement du maître, principalement exposé dans l’évangile selon Matthieu, constitue la base des obligations maçonniques.
Jésus, à l’instar des Sages orientaux, ne demande pas de croire, mais de pratiquer. Jésus n’a jamais demandé d’aller enseigner qu’il était ressuscité, ni même qu’il était Fils unique de Dieu né du Père avant tous les siècles, encore moins que sa mère était vierge… Jésus a seulement demandé à ses disciples, au moment de les quitter :« Allez, enseignez toutes les nations, enseignez-leur tout ce que je vous recommandais... » C’est exactement ce que prescrit le VM, à la fin de chaque tenue du Rite Ecossais Rectifié : « Allez porter parmi les autres hommes les vertus dont vous avez promis de donner l’exemple ».
Sur les 1071 versets que comporte l’évangile selon Matthieu, seuls 226 versets sont porteurs de cet enseignement. A peine plus de 21%.
Au sujet des dogmes, que notre Frère préfère appeler « hypothèses officielles », nous assistons à une remise en question décapante. André Vandamme émet ses propres hypothèses. Les arguments a l’appui de chaque hypothèse sont en béton armé, difficile de les réfuter, même si l’auteur convient que d’autres conclusions sont parfois possibles.
L’auteur insiste inlassablement sur le fait que, quelques soient les convictions, elles ne constituent en rien la base des obligations d’un maçon.
Jusque vers 1900, en raison du fait que l’Église détenait le monopole de l’enseignement, tout impétrant était plus ou moins familier des textes évangéliques de base. Il lui était alors possible d’aborder d’entrée le prologue hautement initiatique de l’évangile de Jean.
Rares sont aujourd’hui les Frères qui ont une connaissance approfondie de ces textes de base, tel celui de Matthieu, sans lesquels il est difficile de comprendre ce en quoi l’évangile concerne la maçonnerie.
Bien que destiné au grand public, ce travail, beaucoup plus facile et intéressant à lire qu’on pourrait l’imaginer, a été essentiellement élaboré à l’intention des maçons qui se réfèrent au christianisme.

Biographie

André Vandamme est flamand d'origine. Ses connaissances des religions orientales, sa culture initiatique et symbolique, enrichie par la découverte de l'Evangile selon Thomas et par celle des dialogues avec l'Ange, lui permirent de découvrir la richesse insoupçonnée, les trésors cachés, de l'enseignement enfoui dans ces textes. Il se déclare volontiers un chrétien maçon plutôt qu'un maçon chrétien.
Commentaires paru dans la revue le maillon N°100 (décembre 2007)
Le propos de l’auteur est de montrer que Jésus n’était ni Fils de Dieu, ni Messie, mais un être humain né d’un homme et d’une femme et qui parcourut tout au long de son existence terres-tre un chemin initiatique qui devait le conduire aux plus hautes stations spirituelles et, pour finir, à l’union avec le Principe Suprême. Ce disant, l’auteur entend opposer une interpréta-tion ésotérique des Évangiles à l’interprétation commune. De là le sous-titre de l’ouvrage.
Certes, André Vandamme reprend à son compte des éléments qu’il a sans doute puisés chez Paul Lecour (ainsi de la parenté entre le feu, Ignis, et Agni, l’Agneau , entre Christ et Krishna) ou encore dans la Cabale chrétienne (ainsi de l’idée selon laquelle le nom de Jésus en hébreu est formé des lettres du Tétragramme entre lesquelles vient s’inscrire un schin, lettre du feu , ou enfin chez Schuré et Guénon, qui eux aussi comptèrent Jésus au rang des grands initiés. Mais la démarche de notre auteur est, par son effort de systématisation même, origi-nale.
C’est à une relecture complète des Écritures qu’il procède à la lumière de son hypothèse de travail. À chaque étape de son enquête, il re-cueille de nouveaux indices en faveur de celle-ci : les Mages vinrent sans doute aux devants de l’enfant élu pour l’instruire des sagesses d’Orient , la rencontre avec le démon marque la tentation des pouvoirs à laquelle tout initié se trouve tôt ou tard exposé sur son chemin , l’union avec le Père, loin d’être un état de nais-sance, est une station spirituelle conquise de haute lutte , le sermon sur la montagne est un enseignement du karma, etc. Et nous nous en tiendrons là pour ne pas déflorer entièrement l’ouvrage.
Nous voulons dire également combien nous avons été sensible à l’universalisme de l’auteur et à son souci d’établir de nombreuses concor-dances entre les traditions.
Nous voudrions néanmoins soulever deux questions :
Les miracles de Jésus ont-ils valeur initiatique comme André Vandamme paraît le soutenir ? C’est peut-être bien une méprise commune que de confondre guérisseur et initié (encore que le grand initié dispose du pouvoir de guérir, pour ainsi dire de surcroît). Et si Jésus accomplit de nombreuses guérisons, n’était-ce pas tout sim-plement pour soulager les souffrants et aussi pour convaincre les foules, lesquelles se laissent impressionner par des actions spectaculaires plus facilement que par des paroles de sagesse ?
D’autre part, y a-t-il nécessairement antinomie entre d’une part la position de l’Église qui voit en Jésus le Fils de Dieu et le Messie et d’autre part sa qualité d’initié ? Après tout, il est dit de lui qu’il est le Verbe Créateur lorsqu’il descend, puis qu’il va prendre place à la droite du Père à la fin de son parcours terrestre.
Or, le siège du Verbe (Elohim) est en Binah sur la colonne de gauche de l’Arbre séphirothique , et sur la colonne de droite, il y a Khokhmah, la Sagesse, laquelle est au-dessus de la station du verbe et c’est en cette droite-là que Jésus s’élèvera une fois sa mission accomplie. Les Hindous savent également que l’Avatara des-cend ici-bas pour opérer sa descente aux Enfers afin de s’élever davantage ensuite.
Il semble bien d’ailleurs que les Écritures elles-mêmes comptent au moins un passage où est suggéré que le Christ n’est pas descendu uni-quement pour assurer le statut de l’humanité, mais aussi pour travailler à son progrès : « Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’ à la mort, et à la mort sur une croix ! Aussi Dieu l’a-t-Il exalté et lui a-t-il don-né le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue proclame, de Jésus-Christ, qu’il est SEIGNEUR, à la gloire de Dieu le Père » (Épître aux Philippiens II, 6-1).
Par ABZ